Une étonnante exposition à voir au Musée d'Orsay et qui court sur la période de 1791 à 1981 (avec un intérêt particulier pour tout le XIXe, Orsay oblige) soit celle qui ceinture donc la mise en place de la guillotine comme méthode moderne et toutes classes confondues de peine capitale et l'abolition de celle-ci dans les années 80.
D'abord un projet de maître Badinter qui voulait présenter une sorte de panorama de l'évolution des moeurs judiciaires (je raccourcis volontairement), le projet est étendu ici par Jean Clair (le commissaire de l'exposition) qui en fait une sorte de vision de l'art au travers de la notion de crime et donc de châtiment (et inversement).
Claude Chabrol, La Femme Infidèle (1969)
Entre têtes décollées et membres en vadrouille, entre faits divers et films de Chabrol, entre phrénologie et art des profilers, c'est donc une sorte de plongée dans le Mal et ses avatars à laquelle nous sommes conviés. L'immontrable peut-il être rendu visible? C'est une des questions de l'exposition qui en soulève d'autres... ainsi la fascination pour les criminels serait-elle une sorte d'érotisation (comme les surréalistes auraient pu le revendiquer) de la figure maléfique? Et quid de cette science qui se plaît à tout contrôler et mesurer au point de vouloir croire que les têtes décapitées peuvent encore parler pour peu qu'on les stimule électriquement... fascinant!